Témoignage de Edison Mwimule,
chef de projet de ATVDER Uvira
Uvira, projet valorisation des déchets, interview septembre 2026
Pouvez-vous vous présenter ainsi que votre organisation, et préciser votre rôle dans le projet ?
Je m’appelle Mwimule Edison et je suis chef de projet au sein de l’ATVDER (Association des Techniciens Vétérinaires pour le Développement des Élevages en milieu Rural) à Uvira. J’assure la coordination du projet depuis sa conception, en veillant au respect des objectifs, du calendrier, du budget et de la qualité des activités. Je coordonne également l’équipe technique chargée de la collecte, du tri, du compostage et de la distribution du compost, tout en assurant le suivi du projet et la communication avec nos partenaires.
Pourquoi avoir initié le projet avec ISF ?
Le projet de récolte, tri et compostage des déchets mis en œuvre dans la commune de Kavimvira à Uvira, au Sud-Kivu, visait à répondre aux problèmes d’insalubrité urbaine, de pollution environnementale et de faible fertilité des sols agricoles. Située au bord du lac Tanganyika, cette commune de plus de 22 000 habitants ne disposait pas d’un système organisé de gestion des déchets, ce qui favorise la pollution des eaux, la prolifération des maladies et la dégradation du cadre de vie.
En quoi consiste le projet (brièvement) ?
Le projet a pour objectif principal de contribuer à l’assainissement durable de la commune tout en créant des revenus complémentaires pour les ménages grâce à la valorisation des déchets biodégradables en compost agricole. Il repose sur une approche communautaire intégrée combinant la collecte des déchets à l’aide de tricycles-bennes, le tri des déchets, le compostage des matières organiques et l’utilisation du compost dans la production maraîchère.
Quels sont les atouts de travailler avec ISF ?
Pour ATVDER, travailler avec ISF Belgique nous a permis de bénéficier de sa longue expérience dans le domaine de la gestion des déchets, ainsi que d’un appui technique et financier essentiel à la réalisation du projet. ISF nous a également accompagnés dans son pilotage, à travers des réunions de suivi régulières et des missions sur le terrain. C’est un partenaire de confiance qui combine expertise technique, accompagnement et qualité des relations humaines. Grâce à ce partenariat, nous avons notamment pu acquérir du matériel pour la collecte des déchets, dont deux mini-Suzuki, construire une plateforme de compostage de 500 m², former les équipes techniques et les leaders communautaires, et mener des campagnes de sensibilisation auprès de la population.
Comment les communautés locales ont-elles été impliquées dans le projet ?
Les communautés locales se sont fortement mobilisées autour du projet. Les ménages ont participé à la collecte des déchets et aux cotisations mensuelles, plusieurs commerces se sont abonnés au service et les autorités locales ont apporté leur soutien. Les femmes ont joué un rôle particulièrement important dans cette mobilisation, allant jusqu’à profiter de rassemblements communautaires pour sensibiliser d’autres habitants et les encourager à rejoindre le projet.
À la clôture du projet, 150 ménages et 18 commerces participaient au système de gestion des déchets. Plusieurs tonnes de déchets ont été collectées et triées, permettant notamment de produire 2 000 kg de compost organique. Cette mobilisation a contribué à améliorer la propreté de plusieurs avenues et à renforcer la prise de conscience autour de la gestion des déchets. Les effets du projet sont à la fois environnementaux, sanitaires, économiques et sociaux, avec notamment une implication active des femmes et la création d’activités et d’emplois locaux.
Les éléments clés pour assurer la durabilité du projet ?
Un plan économique équilibré entre le revenu et les dépenses mensuels. L’acquisition et la disponibilité de 2 mini camions Suzuki en remplacement du tricycle benne, le démarrage d’une activité de transport/taxi de biens afin d’augmenter les revenus et le redémarrage récent de l’activité après une période de guerre et d’inondations. La permanence des membres de l’équipe technique et la participation communautaire au projet.
Quels sont les prochains défis ou besoins pour la suite ?
Nos prochains défis et besoins s’inscrivent dans le cadre d’étendre le projet sur toute la ville d’Uvira, des contraintes financières, intégrer la fabrication des pavés à travers les déchets plastiques, maintenir la collaboration avec ISF Belgique etc.


« L’engagement des communautés, et particulièrement celui des femmes, a été le véritable moteur de ce projet »
Mwimule Edison
Chef de projet
ATVDER Uvira